Homélie du 10 juillet 2021, Année B, Session JPIC « Un monde en mouvement : Migrants-Réfugiés-Déplacés-Victimes de la Traite. Un défi pour l’Assomption aujourd’hui »

Homélie du 10 juillet 2021, Année B, Session JPIC « Un monde en mouvement : Migrants-Réfugiés-Déplacés-Victimes de la Traite. Un défi pour l’Assomption aujourd’hui ». Paris
Homily on July 10, 2021, Year B, JPIC Session “A World in Motion: Migrants-Refugees-Displaced-Victims of Trafficking. A challenge for the Assumption today”. Paris
Homilía 10 julio 2021, Año B, Sesión JPIC “Un mundo en movimiento: Migrantes-Refugiados-Desplazados-Víctimas de Trata. Un desafío para la Asunción hoy”. París.

Chers Frères et chères Sœurs,

Notre session sur le thème de la migration, des réfugiés, des personnes déplacées et des victimes de la traite s’achève aujourd’hui après une semaine de travail riche et fructueux. L’Eucharistie qui nous rassemble nous permet de faire grandir la communion entre nous et aussi avec le monde. Faire le corps du Christ, c’est bien l’intention que nous avons dans toute eucharistie. Rassembler les membres divers pour en faire un seul corps dans le Christ ressuscité. L’Eucharistie n’exclut personne car elle est le sacrement de l’unité.

Aujourd’hui, peut-être plus que jamais, notre monde est marqué par la question migratoire et par la détresse des personnes déplacées. J’entendais à la radio, il y a quelques jours, que le Commissariat aux réfugiés des Nations Unies annonçait qu’il y avait plus de 80 millions de personnes qui étaient concernées par ce phénomène et que leur nombre avait doublé en 10 ans. Les causes sont multiples et malheureusement trop bien connues : la guerre, la faim, les persécutions à cause de l’appartenance religieuse ou des options politiques, les bouleversements liés au changement climatique. De plus en plus notre Terre souffre et les habitants du monde sont exposés à la détresse et à la violence. Il est temps d’agir.

Notre foi chrétienne, profondément enracinée dans l’Ancien Testament, nous pousse à défendre celui qui a quitté sa patrie sans avoir d’autre souci que celui de le soutenir et de l’accueillir. Déjà le livre du Lévitique disait avec force : « Quand un immigré résidera avec vous dans votre pays, vous ne l’exploiterez pas. L’immigré qui réside avec vous sera parmi vous comme un israélite de souche, et tu l’aimeras comme toi-même, car vous-mêmes avez été immigrés au pays d’Égypte. Je suis le Seigneur votre Dieu. » (Lv 19, 33-34). Notre condition humaine nous pousse à la solidarité avec tous. Nous ne pouvons exclure une partie de l’humanité pour garder frileusement notre tranquillité et jouir égoïstement de notre bonheur. Le Christ est celui qui s’est donné pour tous sans exception.

Saint Augustin nous rappelle que nous sommes tous des pèlerins car notre Patrie est le Royaume de Dieu. Nous sommes en quelque sorte des migrants en quête de la vraie patrie et notre vie est ce parcours qui nous conduit vers Dieu.

Les lectures de ce jour nous rappellent la condition de nos ancêtres dans la foi. Eux aussi furent victimes de la traite, comme Joseph qui fut vendu à des marchands par ses frères et qui se retrouva loin de chez lui en Egypte. Notre Dieu qui nous appelle ses amis à l’habitude de s’approcher de nous sous les traits d’un étranger. Abraham et Sara vaquent tranquillement à leurs affaires lorsque trois étrangers se présentent qu’ils régalent d’une somptueuse hospitalité. Jésus lui-même accepta de s’incarner en prenant la condition humaine. Dieu est l’un des nôtres. Si Dieu s’est fait proche, comment pouvons-nous tenir à distance ceux et celles qui sont de la même chair que nous ? Jésus lui-même a pris le visage de l’étranger. A la fin de l’évangile de Jean, le Seigneur ressuscité apparaît comme un étranger à Marie-Madeleine dans un jardin ; pour les disciples en train de pêcher, il est un étranger sur la plage et pour les disciples qui se dirigent vers Emmaüs, il est l’étranger qu’ils rencontrent sur la route. Pour nous, il s’ensuit que, si nous souhaitons le rencontrer, établissons des liens d’amitié avec des étrangers. En cette période de montée du populisme, il n’y a pas de question plus importante que celle de savoir si l’on peut se lier d’amitié avec des étrangers. L’avenir de notre civilisation dépend de la conviction que nous le pouvons. Notre monde est déchiré par le terrorisme et la guerre ; des millions de personnes se nomadisent, et la planète fait face à des déplacements d’une ampleur inconnue depuis des millénaires. La peur des étrangers nous mènera-t-elle à fermer nos esprits et nos cœurs ou oserons-nous les voir comme des proches amis de Dieu ?

Comme le dit le pape François dans Fratelli tutti, reprenant un passage de son discours au Corps diplomatique en janvier 2016 : « Les migrations constitueront un élément fondamental de l’avenir du monde ». Il mettait en évidence que la « perte du sens de la responsabilité fraternelle » était une menace forte pour la constitution d’« une communauté d’appartenance et de solidarité ». Il demandait que la peur ne nous prive pas de la capacité de rencontrer l’autre.

À l’Assomption, nous sommes tous mobilisés pour la venue du Royaume de Dieu. Mais ce royaume est un royaume sans frontières. Dieu en Jésus-Christ a abattu le mur de la haine : « C’est lui, le Christ, qui est notre paix : des deux, le Juif et le païen, il a fait une seule réalité ; par sa chair crucifiée, il a détruit ce qui les séparait, le mur de la haine » (Ep 2, 14)

Nous avons pour mission de détruire les murs qui séparent et d’abattre les frontières qui isolent. Notre travail est de faire grandir la fraternité et de constituer un seul peuple. Le Royaume de Dieu attend notre engagement, c’est le moment favorable.

Benoît Grière, supérieur général des Assomptionnistes

Dear Brothers and Sisters,

Our session on the theme of migration, refugees, displaced persons, and victims of trafficking comes to an end today after a week of rich and fruitful work. The Eucharist that brings us together allows us to grow in communion among ourselves and with the world. To become the body of Christ, this is the intention of every Eucharist. In other words, it is to bring together the diverse members to make one body in the risen Christ. The Eucharist excludes no one because it is the sacrament of unity.

Today, perhaps more than ever, our world is marked by the question of migration and by the distress of displaced people. I heard on the radio a few days ago that the United Nations Commissioner for Refugees announced that there were more than 80 million people concerned by this phenomenon and that their number had doubled in 10 years. There are several causes to such, and unfortunately, all of them are rather well known: war, hunger, persecution because of religious affiliation or political options, upheavals related to climate change. More and more, the Earth is suffering, and the world’s inhabitants are exposed to distress and violence. It is time to act.

Our Christian faith, deeply rooted in the Old Testament, urges us to defend those who have left their homeland without having any other concern than to support and welcome them. In fact, the book of Leviticus says forcefully: « When an immigrant resides with you in your country, you shall not exploit him. The immigrant who resides with you shall be among you as a native Israelite, and you shall love him as yourself, for you yourselves were immigrants in the land of Egypt. I am the Lord your God. » (Lev 19:33-34). Our human condition impels us to be in solidarity with all. We cannot exclude a part of humanity in order to keep our peace and to enjoy our happiness selfishly. Christ is the one who gave himself for all without exception.

Saint Augustine reminds us that we are all pilgrims because our homeland is the Kingdom of God. We are, in a way, migrants in search of the true homeland and our life is this journey that leads us to God.

Today’s readings remind us of the condition of our ancestors in faith. They too were victims of the slave trade, like Joseph who was sold to merchants by his brothers and found himself far from home in Egypt. Our God who calls us his friends has the habit of approaching us in the guise of a stranger. Abraham and Sarah were going about their business when three strangers showed up and treated them to splendid hospitality. Jesus himself accepted to be incarnated by having the human condition. God is one among us. If God has made himself close, how can we keep at a distance those who are of the same flesh as us? Jesus himself took on the face of the stranger. At the end of John’s gospel, the risen Lord appears as a stranger to Mary Magdalene in a garden; to the disciples fishing, he is a stranger on the beach; and to the disciples on their way to Emmaus, he is the stranger they meet on the road. For us, it follows that if we wish to meet him, let us make friends with strangers. In these times of rising populism, there is no more important question than whether we can befriend strangers. The future of our civilization depends on whether we can. Our world is torn by terrorism and war; millions of people are nomadic, and the planet is facing displacement on a scale not seen in millennia. Will fear of strangers lead us to close our minds and hearts or will we dare to see them as close friends of God?

As Pope Francis says in Fratelli tutti, reprising a passage from his speech to the Diplomatic Corps in January 2016, « Migration will be a fundamental element of the world’s future. » He highlighted that the « loss of a sense of fraternal responsibility » was a strong threat to the constitution of « a community of belonging and solidarity. » He asked that fear not deprive us of the capacity to meet the other.

In the Assumption, we are all mobilized for the coming of the Kingdom of God. But this kingdom is a kingdom without borders. God in Jesus Christ has broken down the wall of hatred: « Christ is our peace: he has made the Jew and the Gentile into one reality; by his crucified flesh he has broken down the wall of hatred that separated them » (Eph 2:14).

Our mission is to tear down the walls that separate and break down the borders that isolate. Our work is to grow in brotherhood and to become one people. The Kingdom of God is waiting for our commitment, it is the right time.

Benoît Grière, general superior of the Assumptionists

Queridos hermanos, queridas hermanas:

Nuestra sesión sobre el tema de migrantes, refugiados, desplazados y víctimas de trata concluye hoy después de una semana de trabajo rico y fructífero. La Eucaristía que nos reúne nos permite crecer en comunión entre nosotros y con el mundo. Hacer cuerpo de Cristo, esta es la intención que tenemos en cada eucaristía. Reunir los diversos miembros para formar un sólo cuerpo en Cristo resucitado. La Eucaristía no excluye a nadie ya que es el sacramento de la unidad. Hoy, quizá más que nunca, nuestro mundo está marcado por la cuestión migratoria y por la angustia de las personas desplazadas. Hace algunos días escuchaba en la radio que el Comisariado para los refugiados de Naciones Unidas anunciaba que más de 80 millones de personas están concernidas por este fenómeno y que su número se ha duplicado en 10 años.

Las causas son múltiples y desgraciadamente bien conocidas: la guerra, el hambre, las persecuciones originadas en la pertenencia religiosa o las opciones políticas, las alteraciones vinculadas al cambio climático. Cada vez más nuestra Tierra sufre y los habitantes del mundo son expuestos a la angustia y la violencia. Es tiempo de actuar.

Nuestra fe cristiana, profundamente enraizada en el Antiguo Testamento, nos impulsa a defender a aquel que ha dejado su patria, sin pensar más que en sostenerlo y acogerlo. Ya el libro del Levítico dice con fuerza: « Cuando un inmigrante se establezca con vosotros en vuestro país, no lo oprimiréis. Será para vosotros como el nativo: lo amarás como a ti mismo, porque vosotros fuisteis inmigrantes en Egipto. Yo soy el Señor, vuestro Dios. » (Lv 19, 33-34). Nuestra condición humana nos impulsa a la solidaridad con todos. No podemos excluir a una parte de la humanidad para conservar fríamente nuestra tranquilidad y disfrutar egoístamente nuestro bienestar. Cristo se da a todos, sin excepción.

San Agustín nos recuerda que somos todos peregrinos y que nuestra Patria es el Reino de Dios. Somos en cierta manera migrantes a la búsqueda de la verdadera patria y nuestra vida es el camino que nos conduce hacia Dios.

Las lecturas de este día nos recuerdan la condición de nuestros antepasados en la fe. Ellos también fueron víctimas de trata, como José que fue vendido a unos comerciantes por sus hermanos y que se encontró lejos de su tierra, en Egipto. Nuestro Dios, que nos llama amigos, tiene la costumbre de acercarse a nosotros bajo la apariencia de extranjero. Abraham y Sara se ocupaban tranquilamente de sus asuntos cuando tres extranjeros  se presentaron. Ellos les obsequian con una hospitalidad suntuosa. Jesús mismo acepta encarnarse tomando la condición humana. Dios es uno de los nuestros. Si Dios se ha hecho prójimo, ¿cómo podemos nosotros mantener a distancia a aquellos y aquellas que son de nuestra misma carne? Jesús mismo ha tomado el rostro de un extraño. Al final del evangelio de Juan, el Señor resucitado aparece como un extraño a María Magdalena en un jardín ; para los discípulos que están pescando,  es un desconocido sobre la playa y para los discípulos que se dirigen a Emaús, es el desconocido que encuentran en el camino. Para nosotros, esto implica que, si deseamos encontrarlo, debemos establecer lazos de amistad con extraños. En este periodo de aumento del populismo, no hay nada más importante que la de saber si se puede establecer relaciones de amistad con los extranjeros. El futuro de nuestra civilización depende de la convicción de que esto es posible. Nuestro mundo está desgarrado por el terrorismo y la guerra; millones de personas se convierten en nómadas, y el planeta se enfrenta a desplazamientos de dimensiones desconocidas desde hace milenios ¿El miedo al extranjero nos llevará a cerrar nuestro espíritu y nuestros corazones o nos atreveremos a verlos como amigos cercanos de Dios?

Como dice el papa Francisco en Fratelli tutti, retomando un pasaje de su discurso al Cuerpo diplomático en enero 2016: « Las migraciones constituirán un elemento fundamental en el futuro del mundo». Pone así en evidencia que la « pérdida de sentido de la responsabilidad fraterna » es una amenaza importante en la construcción de « una comunidad de pertenencia y de solidaridad ». Pedía que el miedo no nos prive de la capacidad de encontrar al otro.

En la Asunción, nos sentimos movilizados por la venida del Reino de Dios. Pero este reino es un reino sin fronteras. Dios en Jesucristo ha derribado el muro del  odio: «Él es nuestra paz, el que de dos hizo uno, derribando el muro divisorio, la hostilidad » (Ef 2, 14)

Tenemos por misión destruir los muros que separan y hacer caer las fronteras que aíslan. Nuestro trabajo es hacer crecer la fraternidad y constituir un solo pueblo. El Reino de Dios espera nuestro compromiso, es el momento favorable.

Benoît Grière, superior general de los Asuncionistas

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