Carlos Antonio Felipe di Prietro y Raúl Eduardo Rodríguez, Martyrs Assomptionnistes d’Argentine

• Chant d’entrée


• Motivation :
“Carlos Antonio et Raúl Eduardo sont deux religieux Assomptionnistes portés disparus le 4 juin 1976 dans le quartier “La Manuelita” (San Miguel, Buenos Aires), ils ont été victimes de la violence qui a sévi l’Argentine sous la tyrannie du “Processus de Réorganisation Nationale” (Roberto FAVRE, En memoria de ellos, p.5)
“Ils savaient que leur vocation de religieux demandait le plus risqué des témoignages, et pour cela ils entrevoyaient aussi le martyre : “La gloire du chrétien n’a jamais été le succès plutôt la Croix- écrivait Raúl- ”. Et, poursuivait-il : “L’Eglise est féconde quand elle a des martyrs. Il y en a aujourd’hui, non seulement dans le versement de sang, sinon de mil manières. Et je crois que le Seigneur nous veut si amoureux de Lui qu’il ne nous importe ni le « comment » ni le « quand » de notre Croix, plutôt une totale inconditionnalité à sa volonté ” (26.02.76). Pour sa part, Carlos Antonio, disait : “Je vois que j’ai une peur constante, mais à la fois j’ai une espérance aveugle et une foi que le Seigneur me donnera du jour au jour, que ne me laisse pas craindre. Cela est étrange, il y a en moi une peur mais je ne crains rien… ” (24.05.76). Once jours plus tard Carlos fut séquestré et porté disparu avec Raúl.
Avec 31 et 29 ans, respectivement, ils ne sont pas morts comme des jeunes naïfs ni comme des idéalistes absurdes, sinon comme des hommes de foi, amoureux du Christ et livrés pour sa cause, car, “ils savaient bien en qui ils avaient mis leur foi”. La mort des frères Carlos Antonio y Raúl fût une conséquence consentie d’une option de vie pour Dieu et pour les hommes, qui découlait de leur foi et de leur consécration religieuse” (Roberto FAVRE, Los Asuncionistas en Argentina 1910-2010, p. 250).
Faire mémoire de ces deux frères, c’est vouloir apprendre de leur témoignage de vie pour fortifier notre expérience foi dans un monde dont l’histoire continue de s’écrire avec du sang innocent.


Disposons-nous à écouter la Parole de Dieu que nos frères Carlos et Raul ont incarnée dans leur vie jusqu’aux dernières conséquences.


Première Lecture : Romain 5, 1-5 : L’espérance ne sera pas frustrée


Psaume 27 (26) 1-5 : R/Le Seigneur est ma lumière et mon salut ¿à qui aurais-je crainte ?


Evangile : Mt 5, 1-12 : Les béatitudes


• Témoignage : (du livre de Roberto FAVRE, Los Asuncionistas en Argentina, Buenos Aires, pp. 248-250) :
“Vers 1976, les frères Carlos Antonio et Raúl avaient conçu un projet qu’ils ont présenté au Superior régional. Il s’agissait de vivre un temps de “désert” –c’est comme ça qu’ils appelaient de projet- “compris comme un temps de prière et de réflexion en vue de chercher la volonté de Dieu et lui répondre d’une manière personnelle”. Temps de “désert” et de solitude érémitique dans un lieu isolé du Sud patagonique (bien entendu : dans la Patagonie argentine), ils comprenaient cela comme un moyen de se donner dans un face à face avec Dieu.
Pour les responsables de la Congrégation, la “volonté de Dieu” s’était déjà manifestée pour Carlos Antonio et Raúl dans leur suite du Christ selon le mode de vie assomptionniste. Cependant, pour nos deux jeunes religieux, l’étape de “désert” répondait à la nécessité de vivre avec plus d’intensité l’aspect contemplatif de leur relation personnelle avec Dieu, afin d’approfondir cette relation et la propre vocation.
Dans la correspondance épistolaire relative à ce projet de solitude, que nous avons pu avoir entre nos mains, quelque chose attire l’attention : l’insistance de deux sur la souffrance, la croix, le martyre. Mais la croix et le martyre apparaissent dans un contexte plus ample que celui que pouvait provoquer le phénomène de la violence répressive ; même si aujourd’hui il paraît que c’est le contexte généré par le régime (dictatorial militaire) de ces années-là qui donnerait un sens plus profond à cette insistance (sur la croix et el martyre) et qui la transforme en une attente plus ou moins proche à ce contexte-là. S’agissait-il d’un travail de Dieu dans l’âme des hombres de foi profonde que la grâce préparait pour un dévouement total et définitif ? En fait, écrivait le frère Carlos (29.03.1976) : “Je pressens que le désert s’amplifie […] Spirituellement je me sens fortement pareil à Jésus en sa montée à Jérusalem, sachant que ce qui l’attend est difficile mais il ne peut pas laisser de le faire parce que l’heure est proche”. “Le Seigneur nous veut […] si amoureux de Lui, que nous ne titubons pas devant le fait d’arroser avec notre propre sang les semailles du Règne”, écrit le frère Raúl (04.02.76).
Los événements du 4 juin 1976 ont empêché la réalisation de ce projet de Carlos Antonio et Raul ; mais, même si ce ne paraît pas être en lien avec la lecture de ses passages épistolaires, ce même projet fut, au moins une préparation pour ce qui leur arrivera plus tard !
En rapport avec leur spiritualité, nous devons dire que la foi de ces deux frères s’est fait un abandon à la volonté de Dieu, un dévouement au service du Règne, une obéissance radicale à Dieu, sous forme d’accomplissement de ce qu’Il leur annonçait avec ses signes, et c’est, par ailleurs, une expérience de disponibilité pour ce qui pourrait advenir de la part du Père. C’est bien sûr, la foi qui les disposait à être dans un état d’ouverture à la croix au-delà de ce qu’eux-mêmes pouvaient suspecter. C’était la croix de la fidélité quotidienne, des contradictions pleines de douleur, de la purification intérieure, et la croix du martyre qui s’insinuait à l’horizon.
Cette foi si vive engendrait en eux une espérance ardente et une éclosion d’amour. Espérance en l’Église du Christ et en l’Assomption : “Tu vois que l’Assomption traverse une véritable Pâques”, écrivait Raúl (11.05.76). Amour des hommes concrets invités au Royaume.
Foi et rencontre. Abandon et intimité. Communion établie dans l’amour. Urgence de purification. Pressentiment d’un “face à face”. Telle paraissait être la route de leurs vies intérieures et la synthèse de leur spiritualité. Quand tombe la croix comme l’ancre, la Paix sera résumée en un nom unique : “¡Que la paix de Jésus soit avec vous ! ¡Que la paix de Jésus soit avec vous !”, étaient-là les paroles que disait Carlos Antonio au Supérieur régional, dans un appel téléphonique que les capteurs lui avaient obligé de faire la matinée de ce 4 juin 1976.
La mort de Carlos Antonio et de Raúl, comme celle plusieurs autres qui ont succombés, prend son sens dans la phrase que Dieu dirige à l’ancien peuple élu : « Choisis la vie, afin que tu vives, toi et ta postérité, pour aimer l’Eternel, ton Dieu, pour obéir à sa voix, et pour t’attacher à lui: car de cela dépendent ta vie et la prolongation de tes jours, et c’est ainsi que tu pourras demeurer dans le pays que l’Eternel a juré de donner à tes pères, Abraham, Isaac et Jacob ” (Deut.30, 19-20).


• Questions pour la réflexion (en silence et/ou partage communautaire)Que doit être notre attitude face au martyre que vivent nos peuples ?

Quelle conversion personnelle, communautaire nous inspire l’expérience de Carlos Antonio et Raúl, ici et maintenant ?

• Chant de méditation

• Intentions libres…

• Pater


• Chant d’envoie

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Editorial

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