L’expérience des Mamans masaï à Tanzanie

Le cadre de vie :

Les Masai est une tribu des éleveurs semi-nomades qui vivent entre le Kenya et la Tanzanie.

A Tanzanie, c’est dans la région de Loliondo- et Wasso, que réside la majorité de peuple massai. La région du Serengeti, au nord de la Tanzanie, est mondialement connue pour la richesse de sa faune sauvage, qui attire chaque année des milliers de touristes et de chasseurs. Avec le développement d’aires protégées, de zones réservées aux safaris ou aux lodges, contrôlées par l’Etat ou par des sociétés privées. Malheureusement, cet afflux touristique se développe avec un revers de la médaille, la spoliation de terre appartenant aux minorités ethniques massai et sonjo, avec une limitation drastique des terrains accessibles aux Masai qui n’ont plus assez de surface pour faire paître leurs troupeaux ou cultiver la terre. À Loliondo et Wasso, les massai ont également subies des menaces et des brutalités soldés par des maisonnettes détruites, des milliers de villageois déplacés.

Des déplacements des familles accentuent l’irrégularité scolaire et les mariages précoces, ainsi que le taux de mortalité élevé par manque des soins.

Notre expérience :

C’est dans ce contexte, que nous avons reçu l’appel de l’Eglise d’Arusha pour contribuer, selon notre charisme, à promouvoir le Règne de Dieu, par la présence et la proximité auprès des pauvres, l’éducation et la santé.

Dans le système scolaire tanzanien, l’école primaire est obligatoire. Cependant la majorité de la population massai reste en marge de cette pratique car les enfants massaï reçoivent une éducation familiale spécifique suivant leur sexe et leur âge et axée, selon les cas, sur les activités domestiques (garder les vaches, tâches domestiques de femme, la chasse…).

Dans cette région, nous avons découvert un peuple pasteur qui a comme style de vie, la polygamie car souvent la famille se déplace avec le troupeau pour chercher la verdure. Les femmes et les enfants constituent la première main d’œuvre. Ainsi quand les bêtes augmentent des nombres l’homme ajoute la femme, ils peuvent avoir même 10 femmes, ils disent : «si la femme sait que les bêtes m’appartiennent elle prendra bien soin de ce troupeau » la première femme reste la responsable des autres. Les femmes épouses sont mineures, âgées entre 8et15ans, peu importe l ‘âge de l’homme : »25 à 70 ans voire même 80ans ». Les femmes masaïs n’ont pas joie par le fait qu’elles traversent l’étape de l’enfance à l’étape de Maman, sans adolescence, elles ne connaissent pas la fierté d’être jeune fille, ne font pas le choix du mari. Tout se passe entre adultes, il y a consentement entre les parents si c’est un jeune garçon pour le vieux papa la causerie est entre lui et le papa de la fille. Toute cette pratique continue car la majorité d’enfants n’ont pas fréquenté l’école. Les hommes considèrent les femmes comme des enfants quelques soit l’âge de la femme. Elles sont privées de l’hygiène corporelle, sous prétexte qu’elles ne soient pas aimées par d’autres personnes. Elles n’ont pas des jardins potagers ce qui fait que les mamans et les enfants attrapent l’anémie. Elles ne décident rien dans le foyer. Par exemple si l’enfant tombe malade, sa maman ne peut pas l’amener à l’hôpital, elle doit attendre la décision de son mari, et s’il est en voyage, attendre jusqu’à laisser mourir l’enfant. Si la femme est enceinte et que sa grosse est en terme, et l’heure d’accouchée arrive, elle doit toujours avoir la permission du mari où qu’il soit. En cas de complication, surtout qu’elles font l’accouchement à domicile, elles ne vont pas à l’hôpital. Si la femme massai arrive à l’hôpital, elle doit attendre la permission du mari pour une décision quelconque. Suite à ces coutumes, nous enregistrons beaucoup de décès des femmes massai Souvent, ayant appris la mort des femmes, les maris répondent facilement : « c’est mal chance, je vais épouser une autre » et au décès de l’enfant il dit « nous allons mettre au monde un autre enfant ». Les femmes masaïs travaillent beaucoup, elles construisent des maisonnettes, gardent les troupeaux, s’occupent des enfants.

Notre pastorale consiste à la sensibilisation pour les soins de santé et à l’hygiène. Initiation à l’auto prise en charge alimentaire par l’initiation aux jardins de légumes. Des sœurs Oblates sont engagées dans l’hôpital, pour les visites dans les villages, et dans l’enseignement. Une école primaire est aussi tenue pour renforcer l’instruction des jeunes enfants et les sensibiliser à ne pas céder aux mariages précoces à l’âge mineure.

Aujourhui, après 15 ans de présence, dans un chemin de confiance et de respect, les femmes massai nous accueillent dans leur maison, elles commencent à se confier, et faire des consultations, certaines filles expriment le désir de continuer des études. L’éducation scolaire et les soins de qualité, sont un moyen efficace pour aider au changement de mentalité et à la promotion de la femme massai. Voilà ce qui nous fait tenir dans notre mission dans cette périphérie. Dans la joie de servir l’ART, sr

Françoise KAVUGOGO, oa missionnaire à Wasso

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Editorial

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