Vivre au rythme du COVID-19 en RDC

Vivre au rythme du COVID-19 en RDC c’est vivre comme le reste du monde :
« Vivre un appel à l’espérance au cœur des imprévus… »


Imprévu que nous ne savons pas d’où il vient, ni où il nous mènera…
Pour la réalité du pays et les familles qui nous entourent, ce confinement est bien différent des autres continents. Il est difficile de le vivre strictement quand chaque famille vit « au jour, le jour ». Dans chaque maison, les familles vivent souvent à 6-7 personnes, voire plus, pour certaines dans une même pièce, et souvent elles peuvent être 4 ou 5 familles dans une même parcelle. La plus part des maisons de notre quartier sont ouvertes sur la rue sans vraiment de clôture… La réalité quotidienne, fait que le courant et l’eau sont mal desservis, et cela demande d’aller chercher les premiers nécessaires chaque jour (nourriture périssable, eau, charbon…). Par la suite, si le confinement devait être beaucoup plus stricte, nos voisins et voisines auraient du mal à trouver les moyens de survivre. Comme ils nous le disent : « Mourir de faim ou mourir du corona… Pouvons-nous choisir ? ».
Pour le moment, dans l’ensemble, la vie parait normale malgré la fermeture des écoles, des grands magasins, des services généraux et le nombre de personnes dans les transports beaucoup plus réglementé.


Pour leur scolarité, les enfants essayent de prendre quelques cours selon leur niveau à la télévision ou par l’internet pour les rares familles qui ont une vraie connexion. Là aussi, le défaut de l’électricité complique le suivi mais les enfants essayent de ne pas trop perdre en s’aidant mutuellement à partir de ce qu’ils ont déjà appris.


Pour le confinement, les autorités du pays ont du mal à avoir une politique en continue. Un jour, ils demandent de s’enfermer dans les maisons, un autre jour, ils ont peur des violences, et du soulèvement sociale que pourrait causer une population affamée, ne trouvant pas de quoi vivre…
Un jour, le confinement semble plus plausible après la remise de quelques salaires pour que les personnes s’approvisionnent… un autre jour ceci est démenti et le confinement ne concerne que les quartiers plus riches d’où sont venus les premiers cas venus de l’étranger.


Dans les médias, beaucoup de questions se posent sur l’avenir de l’Afrique par rapport à cette pandémie. Comment pourrait-elle être contrôlée avec des infrastructures si peu développées (manque de moyens médicaux techniques, de possibilité de payement pour les soins, de l’hygiène faute de l’eau…) ; comment vacciner une telle population alors que les vaccins ne sont pas encore fiables dans d’autres pays plus atteints. Une fois de plus, la population se sent victime d’une injustice mondiale tiraillée entre les intérêts de différents pays. Dernièrement, l’annonce de la remise de la dette vient reposer la question : « A qui bénéficiera cet argent remis… au peuple, aux plus démunis, à d’autres ? Et à la longue, les pays ne s’endetteront-ils pas plus ? »


L’Afrique, une fois de plus doit chercher par elle-même à trouver des solutions. Les trouvera-t-elle ?


Une des petites étincelles que nous pouvons reprendre, c’est la Foi qui grandit jour après jour malgré l’impossibilité de vivre les célébrations.
o Plusieurs des familles proches, et entre autres celles de la Fraternité PSA, nous redisent combien ce temps de confinement demande une grande adaptation pour prier ensemble avec les enfants quel que soit leur âge. Par les radios, la télévision, les réseaux sociaux, nos prêtres de paroisse et bien des chrétiens animent de belles méditations pour soutenir les prières et les célébrations familiales, dans chaque maison. Un papa nous confiait dernièrement « La parole du plus petit vient consolider la pensée des plus grands ».


o Une Petite sœur partage aussi son expérience d’une prière qui s’intensifie : « La force de la solidarité s’exprime par la prière lors d’une intention pour quelqu’un : solidarité « ressentie » fortement lors d’un accompagnement d’une personne vivant la douleur, la souffrance… En allumant une bougie pour cinq Ave Maria, j’ai senti combien je vivais une communion avec la famille d’un enfant de la Maternelle exprimant leur souffrance ».

Oui, le peuple souffre mais il reste croyant, toute confession confondue (catholique, protestant, église du réveil…). Nous aimons redire avec eux, lorsque nous nous croisons dans la rue : « L’espérance naît de ces « Comment cela va-t-il se vivre si ce n’est pas Dieu qui nous protégera ? » et reprendre avec le Psaume 1,6 : « Pourquoi te désoler ô mon âme et gémir sur moi, espère en Dieu de nouveau, je rendrai grâce, il est mon Sauveur et mon Dieu ».


Quelle que soit la grandeur de la situation, le Seigneur reste notre seul espoir, car en lui la vie surabonde et qu’en lui tout est possible, du fait que « rien n’est impossible à Dieu » (Lc 1,37). Tout n’est-il pas possible en celui ou celle qui croit en son amour ?

Pour clore, reprenons les paroles d’une fillette congolaise faisant sa prière de supplication et demandant une faveur au Seigneur de pouvoir protéger tous les membres de sa famille et surtout pour ceux qui sont à l’étranger.
Certes, ce temps d’épreuve est pour tout un chacun de nous, un temps du retour au Père, un temps d’approfondissement de notre relation avec le Divin Roi, auteur de l’existence humain.


Seigneur, Viens à notre secours, Viens nous sauver. Amen

Article écrit par la collaboration
des Sr Bernardine, Sr Perpétue, Sr Patricia
et leurs communautés de Kinshasa

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